L’espace de la laïcité de Toulouse, situé non loin de la stèle de Jean Jaurès est un beau symbole.
Dès son premier mandat de député, Jean Jaurès s’est fait, aux côtés de Jules Ferry, le défenseur vibrant de la laïcité républicaine.
Il fut un artisan majeur de la loi de séparation des églises et de l’Etat de 1905, contribuant ainsi largement à construire le modèle laïc français. Un modèle qu’il voulait avant tout pacificateur et qu’il estimait indissociable de la démocratie.
Il écrivait : « (La démocratie) assure l’entière et nécessaire liberté de toutes les consciences, de toutes les croyances, de tous les cultes, mais elle ne fait d’aucun dogme la règle et le fondement de la vie sociale ».
Il était convaincu que la laïcité, puisant sa source dans l’égalité des droits de la démocratie, était la réponse de la raison à tous les dogmatismes et qu’elle ouvrait pour chacun des espaces de liberté : la liberté de croire ou de ne pas croire.
C’est cette conception jaurésienne et républicaine de la laïcité, que nous devons préserver aujourd’hui.
La laïcité n’est pas un combat contre les religions, mais contre les intégrismes, pour le libre arbitre et l’esprit critique.
La laïcité, c’est bien la neutralité religieuse de l’Etat. Elle permet à toutes et à tous de vivre ensemble dans la République, quelles que soient les croyances – ou l’absence de croyance – des uns et des autres.
C’est ce qu’affirme l’article 1er de la constitution de 1958. Il exprime les valeurs de respect, de dialogue et de tolérance qui sont au cœur de l’identité républicaine de la France.
La laïcité reste un principe fondateur de la République. Garante du lien social, elle repose sur deux piliers : la garantie de la liberté individuelle et l’impartialité des pouvoirs publics.
La laïcité protège donc les religions, puisqu’elle protège la liberté de conscience. Elle assure à chacun la possibilité de pratiquer paisiblement sa foi. Tout comme elle protège le droit de ne pas croire, d’être athée ou agnostique.
Et cette laïcité, fondatrice du vivre ensemble dans la République, c’est à l’école qu’elle se construit. Parce que c’est là que l’on donne à l’enfant des outils pour décrypter et agir sur le monde, parce que c’est là que l’on apprend que la citoyenneté est faite autant de droits que de devoirs, parce que c’est là que l’on acquiert des repères moraux et que l’on apprend à être libre par l’apprentissage de l’esprit critique.
Cet enjeu est pour nous essentiel.
L’école, obligatoire, gratuite et laïque, doit rester au cœur du dispositif républicain. Les dogmes religieux n’y ont pas droit de cité, car l’école laïque est l’école de tous, sans distinction de sexe, d’origine, de confession. Si les élèves des écoles, collèges et lycées publics sont naturellement libres de vivre leur foi, ce doit être dans le respect de la laïcité de l’école de la République. C’est bien par la neutralité que l’école assure le respect de toutes les convictions.
Malgré la force de cet acquis républicain, l’application du principe de laïcité se heurte à des difficultés grandissantes.
La menace la plus lourde qui pèse sur la laïcité, c’est, bien sûr, le fanatisme religieux. Quand le croyant tient sa foi pour un choix politique, il est urgent de rappeler que la laïcité est un devoir avant d’être un droit. Et c’est à la République qu’il revient de veiller à ce que ce devoir soit respecté sur son sol, dans son école comme ailleurs. Et c’est aux institutions républicaines de combattre les intégrismes et les fondamentalistes qui plaident pour la supériorité des lois religieuses sur les lois de la République.
La laïcité a constamment besoin d’être explicitée, concrétisée et traduite dans les faits.
Nous avons en tant qu’élus locaux, notre rôle à jouer pour faire respecter la laïcité, pour que chacun trouve sa place dans l’espace public. Pour que chacun puisse s’affirmer, s’exprimer et développer sa créativité et sa responsabilité. Nous avons le devoir de former les générations futures aux valeurs éthiques et civiques. Que l’épanouissement et l’initiative individuelle se conjuguent avec la solidarité et la construction collective.
Nous luttons contre les discriminations, pour que le droit de chacun soient respectés et respectueux.
La tolérance, le refus du racisme et de la ségrégation sous toutes ses formes sont inséparables de la laïcité. La laïcité, c’est vivre ensemble avec nos différences, dans le respect de nos différences et sans que l’une de ces différences ne dicte sa loi aux autres.
Dans le prolongement de l’œuvre de Jaurès, notre devoir nous montre le chemin. Nous devons mener un combat permanent pour la laïcité, car à travers elle, c’est la République que nous défendons !